Voyage improbable sur le lac Koman

14 08 2012

La traversée du lac Koman est l’un des plus improbables voyages que l’on puisse faire. Improbable, à commencer par le bateau lui-même : une coque en acier sur laquelle l’on a soudé un bus. Le poste du chauffeur a été converti en poste de pilotage. Et voilà un magnifique bateau prêt à voguer sur ce lac improbable : un fjord de 35 km de long au milieu des montagnes albanaises.

Sur le quai, les « furgons Mercedes » sont déchargés de toute sorte de marchandises, tandis que des chèvres, des branches d’arbres et d’autres chargements improbables attendent ici ou là.

Mais ce bateau n’est pas là pour promener les touristes ; il est bien le seul véritable moyen de locomotion pour les habitants du lac. C’est pour eux le seul moyen de transport de marchandises. Et c’est dans les endroits les plus improbables le long des rives du fleuve que le bateau va s’arrêter : ici pour décharger des vivres que des habitants attendent avec leur mulet, là pour décharger des meubles et un frigo, là pour déposer un sac de farine à un habitant qui disparaîtra content dans la forêt.

La traversée du lac Koman, une expérience à vivre…

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La mascotte de Theth

10 08 2012

Prenda a été élue la mascotte de Theth par les enfants. Ce petit bout de femme à l’énergie incroyable nous présente son élevage de chèvre, la traite puis la fabrication du fromage.

Prenda

Prenda

C’est fièrement qu’elle nous montre son diplôme de vétérinaire obtenu à l’âge de 20 ans en 1971 pendant la période noire de la dictature. Après, j’ai épousé ça, nous dit-elle en nous montrant l’homme assis buvant son raki.

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Remise d’une aquarelle de Vana à Prenda, une paysanne albanaise.

8 08 2012
L'aquarelle

L’aquarelle

Un cadeau qui fait vraiment plaisir...

Un cadeau qui fait vraiment plaisir…

Photos de famille

Photos de famille





Conte: Les sources magiques de Theth

30 01 2012

Voici pour tous les petits enfants qui attendent ça avec impatience un nouveau conte.

Celui-ci se passe dans les montagnes en Albanie…

(cliquez sur la vignette ci-dessous).

Le mini bus de Theth





La gastronomie dans les Balkans

3 11 2010

Tout d’abord merci à tous pour vos commentaires !

Pour répondre aux nombreuses questions sur les gastronomies locales… et bien… la nourriture est de type méditerranéen partout avec quelques variantes, dans tous les pays traversés il n’y a que de la nourriture locale et de saison (en ce moment par exemple c’est pommes, mandarines, oranges et grenades pour les fruits, les tomates deviennent rares remplacées par les carottes, les choux et les épinards)

Sur les cotes plein de poissons, de calamars et de poulpes grillés ou bien en friture, dans l’intérieur de l’agneau principalement avec une spécificité : c’est toujours de la viande très cuite, le mot saignant n’existe pas dans les langues balkaniques, la viande est souvent cuite à la broche et en Albanie leur technique de barbecue est la même que l’assado argentin.

Les fromages sont la plus part du temps des fromages de brebis (du très frais (partout) ou très sec (surtout sur les îles croates).

Ce qui nous a surpris c’est la préparation des épinards, il y en a partout, souvent cuisinés avec des pommes de terre en accompagnement des viandes et poissons, dans plein de sortes de tourtes et chaussons (byrek) mélangés avec du fromage frais souvent.

Pour les gourmands (et gourmandes) plein de pâtisseries bien sur, très variées, avec des influences byzantines donc des gâteaux orientaux dégoulinants de miel ou bien très légers et peu sucrés d’influence austro-hongroise… (Pour les nuls en histoire : depuis l’Albanie, l’influence austro-hongroise c’est fini).

Et le vin est bon partout, voire très bon si on y met le prix, un peu… comme chez nous… !!!

-Vana-

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L’Albanie

3 11 2010

L’Albanie est un des pays les plus étonnants qui existe. Sorti du moyen-âge il n’y a même pas 20 ans après plus de cinquante années d’isolement et des siècles d’oppression, et propulsé au 21e siècle, l’Albanie apprend vite. Très vite. Après l’ouverture des frontières et dix années d’anarchie la plus sauvage, les Albanais ont dû construire un pays. Il n’y a même pas huit ans il n’existait aucune route goudronnée. D’ailleurs, elles n’auraient servi à pas grand-chose, car du temps de la dictature personne ne possédait un véhicule.

L’albanais ne s’étonne de rien et est curieux de tout. Dans la rue, il y aura toujours quelqu’un pour venir vous parler. Leurs questions favorites à un homme « vous êtes marié ? » et à une femme « vous avez quel âge ? ». Le chauffeur de bus peut très bien vous dire « vous deviez être beau quand vous étiez jeune ? ». Les Albanais sont les gens les plus gentils, naturels et accueillants qu’il soit.

Notre première image de l’Albanie : des routes défoncées, des animaux au milieu de la route et des Mercédès partout roulant dans tous les sens.

Mais très vite, nous avons découvert des rues piétonnes flambant neuves, des popes qui donnent l’aumône aux gamins, des mosquées qui tonitruent à l’heure de la prière. Avec cinquante pour cent de musulmans, les seuls à porter un voile ici sont les statues de Mère Teresa que tout le monde vénère y compris les musulmans. Tous les contrastes peuvent êtres réunis, mais tout le monde vie en bonne entente.

Ici, un homme est fier de montrer une photo où, dans sa jeunesse, il était allé en Chine, seul pays avec la Corée du Nord où les meilleurs éléments pouvaient se rendre pour coopérer. Tandis qu’un peu partout des petits enfants blonds jouent.

Les paysages sont toujours magnifiques si ce n’est leurs côtes que les Albanais massacrent allègrement. Partout où il y a de belles plages, le béton pousse à une allure fulgurante. Dans un guide datant d’un an ou deux, on vous décrit un charmant petit village au bord de mer alors que vous découvrez que ce petit village est devenu un mur de béton longeant la côte sur des kilomètres.

Ici, dans cet institut, on réhabilite des personnes qui, du temps de la dictature, ont été internées de nombreuses années dans des asiles psychiatriques dans des conditions horribles. Aucune ONG n’est là pour les aider ou les financer. Avec très peu de moyens, des résultats ont déjà été obtenus et des « habitants » comme on les nomme ici, ont déjà rejoint leur famille.

L’Albanie c’est aussi des publicités qui serraient complètement interdites chez nous. Des mécaniciens qui travaillent sur les trottoirs, des monuments datant d’un autre âge et surtout des bunkers. Des dizaines de milliers de bunkers que les habitants parfois repeignent et décorent. C’est aussi Berat la ville aux mille fenêtres. C’est une route de bord de mer qui monte à plus de mille mètres puis qui finit par un passage sur un bac. C’est Gjirokaster la ville de pierre et Saranda la Riviera albanaise que j’ai rebaptisée « Béton city ».

L’Albanie c’est un pays à découvrir d’urgence, car les choses bougent très vite et dans un an ou deux il est probable que cela ne soit que du passé.

-p-

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Thethi

25 10 2010

Notre ballade devait être une tranquille promenade dans la montagne albanaise par ce beau temps qui règne ce dimanche. Après une cinquantaine de 50 km de routes albanaises que Martine, une ethno-psychologue que nous avons rencontrée, qualifie de bonnes routes pour l’Albanie, mais que je qualifierais de champs de mines, nous arrivons dans un tranquille village au bout de la vallée.

Viennent ensuite les vraies routes albanaises. Un chauffeur nous propose alors de nous emmener dans un petit village dans l’autre vallée. Nous laissons notre casita sous la garde d’un patron de bistro et après deux bonnes heures de pistes improbables et des paysages d’une rare beauté, nous voici à Thethi, un village complètement isolé et bien sûr totalement préservé.

Il y a plus de 300 ans, pour fuir l’oppression ottomane et conserver leurs coutumes chrétiennes, des habitants ont fui dans les montagnes et se sont installés dans cette vallée totalement inaccessible. L’isolement ici est incroyable, car même de nos jours ce village passe entre 6 et 7 mois complètement isolé. Durant la dictature, leur isolement du reste du monde était bien sûr bien plus grand. Aujourd’hui, tous les habitants ont leur téléphone portable, ce qui a considérablement changé leur vie. Mais, mis à part cette concession, ils ont gardé leurs coutumes et ils vivent comme depuis toujours en totale communauté.

Ils essaient aujourd’hui de favoriser le tourisme écologique dans leur vallée qui est maintenant classée parc naturel. Ils ont créé un petit écomusée contenant tous les objets de leur culture. L’État a trouvé cela très bien et a emporté tous les objets pour les exposer dans un musée de Tirana. Leur musée totalement dépouillé ne ressemble malheureusement plus à grand-chose aujourd’hui.

L’écologie en Albanie est sans doute au niveau zéro et les Albanais n’ont absolument aucune culture écologique. Martine nous explique que leur maison se doit d’être propre et par conséquent ils jettent tout dehors sans aucun état d’âme. Dans ce village, bien au contraire ils ont compris qu’ils se devaient de respecter la nature. Ils considèrent sans doute et à juste titre que toute la vallée est leur maison.

16 h 30, il commence à se faire tard, et le chauffeur nous presse de repartir, car il ne voudrait pas faire le retour de nuit. Notre chauffeur est un véritable expert et a passé vingt-deux ans à conduire sur les routes albanaises qui n’ont vraiment été asphaltées que depuis quelques années. Avant, toutes les routes ressemblaient plutôt à la piste que nous suivons actuellement.

Sur la route, nous passons plusieurs stèles comportant des noms, des dates et toujours des fleurs fraiches. « Ici six personnes sont tombées dans le ravin il y a 32 ans », commente notre chauffeur. « Ici, c’est trois filles qui sont tombées un jour de neige ». Pour une raison qui nous échappe, de temps à autre tous les passagers se signent en même temps.

Avec une petite grimace, notre chauffeur jette un coup sur les nuages qui descendent des sommets. Demain, la météo annonce de fortes pluies avec des risques de neige sur le col et c’est peut-être le dernier véhicule à quitter le village pour peut-être sept mois. Un bulldozer datant d’un autre siècle est déjà en route pour déblayer les éboulements et les chutes de neige qui ne manqueront pas.

Les habitants ont chargé dans notre fourgon les derniers objets qu’ils tiennent à descendre en ville ainsi que de gros sacs de maïs qu’ils vendront sur les marchés. Le fourgon lourdement chargé, le retour sera bien plus long et c’est à la nuit que nous retrouvons notre casita. Le chauffeur insiste pour à nous inviter à prendre un dernier thé avant notre départ et tient également à nous inviter après-demain chez lui. L’hospitalité est ici profondément ancrée dans la culture albanaise.

-p-

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