4. La petite Sirène de Piran

Slovénie, Piran – N45 31.813 E13 33.779
24 Septembre 2010, 18:42:16

 
 
« Bonjour Madame, commença poliment Pome, en apercevant une femme qui avait l’air bien gentil.

– Bonjour mes enfants, mais que faites-vous là ? demanda-t-elle un peu étonnée. »

Elle portait un bien joli parfum, pensa Océane en s’approchant de la dame pour lui parler:

« Nous sommes à la recherche de notre mamie et notre papi qui devaient être ici il y a quelques jours. Ils étaient venus de France avec un camping-car.

– Ah oui, oui. Je me souviens très bien, des personnes charmantes. Ils habitaient aux Antibes, fit-elle avec un grand sourire en se remémorant leur rencontre. Au fait, je m’appelle Anica. »

Océane souffla dans l’oreille de Pome :

« Pourquoi elle dit aux zantibes la dame ?

– Chut ! fit Pome. Écoute !

– Et vous aussi vous habitez aux Antibes ? demanda Anica. »

Sans vraiment attendre de réponse, elle dit : « Suivez-moi que je vous montre, je n’ai qu’une toute petite auto, mais cela ferra bien l’affaire. Allez monter tous les cinq, nous allons faire un tour dans le village d’Izola. »

Il se mit doucement à pleuvoir. « Ce n’est pas grave, allons jusqu’à Piran, vous allez voir c’est vraiment un village très pittoresque ».

En arrivant à Piran lorsqu’elle voulut se garer, un homme commença à parler très fort à Anica. Il n’avait pas l’air content du tout.

« Qu’est-ce qu’il a le monsieur ? demanda Joao un peu inquiet.

– Il dit qu’il me remercie de lui avoir aspergé les chaussures, mais vous avez vu ses chaussures, rigola Anica. »

Les cinq enfants regardèrent les chaussures de l’homme et éclatèrent de rire. Il portait des bottes en caoutchouc qui lui montaient jusqu’au-dessous du genou.

« Bon, allons faire un tour dans Piran, leur dit Anica en se dirigeant vers une grande place ronde. Vous avez vu cette place comme elle est magnifique. Avant, c’était un triste parking sans âme. Regarder comme elle est jolie maintenant sans aucune voiture ! C’est vraiment charmant. Il faudrait faire cela dans toutes les villes qui ont perdu leur âme à cause des voitures. Mais que voulez-vous ? Plus personne ne veut marcher aujourd’hui. »

« Il avait des bottes en caoutchouc et il me dit que je les lui ai mouillées, il est gonflé ce type, reprit Anica un peu contrariée. »

« Bonjour les enfants ! fit une petite voix derrière eux. »

Ils se retournèrent et virent une sirène sur les rochers qui leur faisait signe.


« Bonjour petite sirène, firent-ils tous en chœur.

– Que fais-tu là ? demanda Léo.

– Je suis la petite sirène de Piran. Un jour, un sculpteur en voyant un horrible rocher qui dépassait tous les autres, prit ses outils et commença à le sculpter. Et voilà, comment je suis née. »

Pour mieux l’écouter, les cinq enfants s’assirent tout autour de la petite sirène qui parlait d’une toute petite voix. Une petite mouette espiègle se posa à côté des enfants pour écouter leur conversation.

« Bonjour les enfants, dit la petite mouette, je m’appelle Babette la Mouette et j’adore jouer à saute-mouton avec les vagues.

– Bonjour Babette la Mouette, firent les enfants. »

« On devrait tous, continua la petite sirène sans prêter attention à la mouette, chaque fois que l’on voit quelque chose de laid, le transformer en quelque chose d’agréable pour tous. Le monde serait ainsi bien plus merveilleux. Il y a plein de choses laides, mais les grandes personnes ont des choses bien plus importantes à faire plutôt que de s’occuper de choses aussi futiles. »

Les enfants approuvèrent de la tête.

« Parfois, continua la petite sirène, un artiste décide de changer un peu les choses. Heureusement qu’il y a des artistes qui ne pensent pas comme les grandes personnes et peuvent faire de grandes choses futiles. »

Ils restèrent tous les cinq là assis, sans oser parler de peur de déranger la petite sirène qui paraissait bien seule sur ces rochers.

« Venez les enfants, allons à Portoroz », leur dit Anica, qui visiblement n’avait pas entendu la petite sirène.

« Au revoir petite sirène, au revoir Babette la Mouette », firent les enfants en chœur et ils repartirent dans la petite voiture d’Anica.

« Voici Portoroz, notre Saint-Tropez ! » leur commenta Anica avec un sourire qui en disait long. Les enfants regardaient le nez collé aux vitres tous ces véhicules rutilants qui se pavanaient devant les palaces.

« Voici le paradis des riches, fit-elle amusée. Nous avons tous besoin d’exister dans les yeux des autres. Certains c’est en ayant un 4×4 plus gros que celui de son voisin, d’autres en s’habillant avec le dernier cri de la mode et la marque de vêtements la plus chère, d’autres en existant dans les yeux de leur chien. Heureusement qu’il y en a qui se contentent seulement de donner un peu leur vie aux autres, pour savoir qu’ils existent vraiment. Mais que voulez-vous, dans ce monde égoïste il est considéré comme un signe de faiblesse de trop s’occuper des autres. »

Tout en roulant, elle s’aperçut que la frontière, celle qui marque la fin de l’Europe n’était plus très loin.

« Voilà ! dit-elle, maintenant vous connaissez toute la côte slovène qui fait deux centimètres par habitant !

– Mais savez-vous où sont partis nos papi et mamie ? demanda Pome.

– Prenez ce foulard. Lorsque vous le lâcherez, il volera un peu et tombera toujours vers la direction à suivre. Continuez tout droit dans cette direction mes enfants.

– Merci beaucoup chère Anica au foulard magique, de nous avoir aidés. Continuons notre route maintenant, conclut Pome. »

Et ils se remirent en route…

Texte de papipolo et illustrations de mamivana
© Sillage de voyage, les contes – 2012


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7 responses

24 12 2011
Any

COUCOU Vana et Paul
je me suis glissée dans votre nouveau conte comme dans une couette moelleuse et ce fut un moment de douceur et de Paix .
je vous embrasse très fort les surfs-rêveurs .Passez de bonnes fêtes
Any

2 01 2012
chantal

que dire , j’aurai aimé être votre petit enfant pour avoir de si jolis contes , si bien illustré ! j’adore le texte et les dessins , vraiment !
continuez à nous faire rêver …

je vous embrasse bien fort et à bientôt .

PPRROOFFIITTEEZZ !!

2 01 2012
Jess

Coucou papi et mamie,
C’est rigolo comment s’appelle la mouette et vous avez plein d’imagination.
Bonne année et gros bisous papi et mamie
Léo

Très jolie histoire pour commencer ce nouvel an et la septième année du grand petit Joao.

Plein de bisous et à très bientôt,

Jess

3 01 2012
Any

Trop mignon je suis sure que JOAO (que j’embrasse très fort pour son anniversaire) a adoré ! Je connais personnellement Babette la mouette et je la charge de vous faire de gros bisous !
Commencez bien l’année .Bises à tous ceux qui se connecte à votre Blog !
Any

3 01 2012
anica

Mes cheres amies!

Génial! Je n’ai pas de mots. L’histoire tres belle est tout à fait vrai et les dessins sont magnifiques et je me ressemble. Et les enfants sont vos petits-enfants?
Merci et merci d’être mes amis.
Je vous souhaite une excellente 2012

Je vous embrasse et à bientôt.

Anica

8 01 2012
polo

Chère Anica, oui ces enfants sont nos petits enfants. Nous sommes content que l’histoire te plaise.
J’espère que l’on se reverra un jour en Slovénie ou aux Antibes.
Passes un bonne année plein de formidables rencontres.
Polo et Vana

7 01 2012
dany

le conte toujours bien les dessins super jolis continuez encore bonne année à tous les deux

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