6. La machine à Tsípouro de Sparte

Grèce, Sparte – N37 04.340 E22 24.306
18 Novembre 2010, 15:05:07

.

La chose était de forme « drôloïde » se dit Marius en apercevant l’étrange engin fumant sur le bord de la route que des hommes emplissaient à l’aide de seaux.

« Bonjour les enfants, fit poliment le drôle d’engin. Je suis l’alambic, ajouta-t-il voyant l’étonnement des enfants.

– Bonjour l’alambic, firent les enfants intrigués.

– C’est quoi une… lambic ? demanda Joao.

– Un alambic ? C’est la machine à faire du tsípouro, dit fièrement l’engin drôloïde.

– Aaaah…. ? firent les enfants de plus en plus intrigués.

– Oui, vous voulez en goûter ? demanda l’alambic. Mais attention, il fait plus de 52 degrés.

– Houla ! Ça doit être chaud ! fit Léo en secouant la main comme pour la refroidir.

– Non, c’est très fort ! corrigea l’alambic. Mais je ne crois pas du tout que ce soit pour les enfants. Vous voulez que je vous montre comment on fait du tsípouro ?

– Oui, firent les garçons les yeux brillants de curiosité.

– Alors, voilà, c’est très simple. Pour faire du vin, on presse le raisin et on récupère le jus que l’on appelle « le moût ». Tout ce qui est solide, qui reste au fond du tonneau et qui n’est pas du moût, on appelle ça comment, les enfants ?

– Du dur, proposèrent Joao et Léo à tout hasard.

– Du marc ! corrigea de nouveau l’alambic. On appelle ça le marc. On le fait ensuite fermenter. On y rajoute des épices. Mais chut…! La recette pour faire du bon tsípouro est gardée bien secrète. Dans ces tonneaux là, les enfants, vous pouvez voir du marc fermenté que l’on appelle, ici en Grèce, de la tsípoura. L’on en remplit ma cuve et l’on fait un bon feu de bois dessous. Ça chatouille et ça réchauffe. J’adore ça ! »

Des hommes s’activaient à bourrer le foyer de l’alambic de belles bûches de bois bien blanc.

« At’sion les ti mousses ! Mouvez-vous donc un peu de d’là, dit un homme avec un bob blanc et un fort accent Québécois qui semblait être le chef. Ça va mauditement chauffer. »

L’alambic se mit à chauffer, fumer et toussoter. Des vapeurs d’alcool envahirent les narines des enfants et leur picotèrent les yeux.

« On fait ainsi bouillir la tsípoura pour faire évaporer l’alcool, reprit l’alambic en toussotant. Là, en haut vous voyez ce tuyau ? C’est pour récupérer les vapeurs de tsípouro, que l’on refroidit à l’aide de ce serpentin qui passe dans ce vieux tonneau rempli d’eau froide qui coule depuis un robinet. C’est un peu spartiate, mais ça fonctionne très bien. Vous voyez les gouttes qui sortent là ? C’est le doux nectar ! Le fameux tsípouro. Vous avez tout bien suivi les enfants ?

– Heu…, à peu près, firent les garçons.

– Vous allez en faire beaucoup du « scie pour eau » ? demanda Léo.

– Oh oui ! À Sparte, on ne plante pas les épées dans l’eau. On a une autorisation jusqu’à neuf heures ce soir, et je vais pouvoir en faire plus de deux cents litres si les hommes s’activent bien, dit fièrement l’alambic en bombant un peu la cuve.

– Waouh ! firent les enfants admiratifs.

– Tout le monde dans la région veut de notre tsípouro, continua l’alambic. Malheureusement, il n’y en aura pas pour tout le monde.

– C’est vous qui avez inventé le « cheap euro », demanda Joao ?

– C’est les Grecs qui ont inventé le tsípouro, expliqua calmement l’alambic sans se démonter. En fait, la recette vient de la nuit des temps, mais chacun a la sienne pour l’améliorer. Vous savez les enfants, 99,9% de tout ce que nous faisons, disons et pensons est le fruit de nos aînés. Mais cent pour cent de ce que nous sommes est du à des personnes qui ont su braver leurs aînés et innover. C’est ainsi que notre tsípouro est un des meilleurs de toute la région.

– Haaa ! firent les enfants intrigués.

– Après, expliqua l’alambic, on peut aussi aromatiser le tsípouro. Avec de l’anis, on fait ainsi le fameux Ouzo que l’on boit de partout en Grèce. Mais au fait, que faites-vous ici en Grèce, les enfants ?

– Nous cherchons notre mamie et notre papi qui étaient ici il n’y pas très longtemps, répondit Pome. Ils venaient de France dans un fourgon gris.

– Ah, oui je me souviens très bien, dit l’alambic, ton papi n’arrêtait pas de me prendre en photo. Mon maître à l’accent québécois était bien fier de poser devant moi et d’être ainsi immortalisé sur les photos. Vous savez les enfants, les photos sont les béquilles de notre mémoire défaillante.

– Et, qu’ont-ils fait ensuite ? demanda Océane.

– Ensuite ? continua l’alambic en pouffant, mon maître a fait goûter du tsípouro à ton papi. Ça l’a bien fait tousser, tellement c’était fort. Il est devenu tout rouge et ça nous a tous bien fait rire.

– Et sais-tu où ils sont allés après ? demanda Marius.

– Il vous faudra braver quelques tempêtes pour les retrouver, dit l’alambic songeur. Suivez le vent, mes enfants. Suivez-le toujours et il vous mènera dans un lieu enchanté.

– Merci, chère machine à tsípouro de nous avoir aidés. Continuons notre route maintenant, conclut Pome. »

Et ils se remirent en route…

Texte de papipolo et illustrations de mamivana
© Sillage de voyage, les contes – 2012


« Conte précédent                                             Conte Suivant »


Publicités

5 responses

20 02 2012
chantal

Polo , je veux aussi du tsipouro … pour tousser et rigoler avec toi ! je rigole , j’aurai été incapable d’en boire … mais tu incites tes petits à boire , pas bien du tout Papi … je déconne !!! encore un bien beau conte et vos petits gardent le fil avec vous , c’est une très belle idée dont je profite !

je vous embrasse bien fort et à bientôt les aventuriers .

20 02 2012
Léo

Salut Papi et Mamie, j’ai bien aimé votre nouveau conte. Je regarde souvent votre site pour voir si il y a une suite. Mamie, continue à faire les dessins dans le désert. Léo

21 02 2012
polo

Coucou mon Léo,
nous sommes très contents que tu aimes bien les petits contes. Mamie va nous faire encore d’autres dessins et bientôt, pour l’anniversaire d’Océ, il y aura un nouveau conte avec un petit chien, mais chut…! Je n’ai rien dit…
On te fait de gros gros bisous.
papipolo

20 02 2012
Any

coucou il est tard ! tres joli j’histoire de p’ti poor O
j’en boirai un coup avec vous a votre retour
mais en attendant on peut en boire a distance
Salute
Any

21 02 2012
Jeremy Correia

Je viens de récupérer le retard d’un épisode 😉 Dans quelques jours, je les ferai lire aux enfants, et je vous donnerai leurs commentaires. Bises.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :