3. Les fleurs de papier de la Santa Croce

Italie, Lombardie, Lac d’Iseo, Monte-Isola – N45 42.946 E10 05.781
16 Septembre 2010, 11:50:23

Les fleurs de papier étaient accrochées sur des branches de sapin formant des arches sous lesquelles les cinq enfants passaient les yeux écarquillés. Toutes les rues du village étaient ainsi décorées de dizaines de milliers de fleurs magnifiques de toutes les variétés et de toutes les couleurs.

« Qu’elles sont belles, admira Océane en s’approchant d’une fleur comme pour la sentir.

 – Non, c’est moi la plus belle, dite une fleur de papier un peu plus loin.

 – Non, c’est moi la plus belle, répétèrent toutes les fleurs de papier dans une symphonie de notes.

 – Vous êtes toutes très belles, les calma Pome. Mais pourquoi vous a-t-on accrochées sur ces branches de sapin ?

 – C’est la tradition. C’est ainsi tous les cinq ans, expliqua la première fleur qui avait parlé. À l’aide de papier crépon et de ciseaux, tous les habitants de notre village s’unissent alors pour nous faire naître.

 – C’est à qui fera éclore la plus belle fleur, ajouta une rose d’un rouge profond, presque noir. »

 « Ce sont de petits chefs-d’œuvre, constata Marius à haute voix en remarquant que l’intérieur de ses pétales était tout blanc.

 – Le chef-d’œuvre est plus dans l’œil de celui qui le regarde que dans l’a main de celui qui la façonné. Sans personne pour les admirer, à quoi servirait-il ? Il n’y aurait tout simplement pas de chef-d’œuvre possible, expliqua la première fleur. »

 Une abeille vola de fleur en fleur essayant de trouver du nectar : « Bzzz, bzzz. Ah ! Je me suis encore fait avoir ! Bzzz, bzzz, fit l’abeille vexée. »

 « Vous êtes aussi belles que de vraies fleurs, les félicita Joao.

 – De vraies fleurs… ? Comment ça de vraies fleurs ? Mais nous sommes de vraies fleurs, se mirent en colère les cent cinquante milles fleurs du village.

 – Heu, ce n’est pas ce que nous avons voulu dire. Mais au fait, nous sommes à la recherche de notre mamie et notre papi. Ils étaient ici il n’y a pas longtemps, je crois. Les avez-vous vu ? demanda Pome pour faire diversion.

 – Comment étaient-ils, fit sèchement la première fleur toujours vexée. Sa voix était encore un peu tremblotante de colère.

– Eh bien, heu… continua Océane, ce sont des Français qui…

– Oui, oui des Français. Il me semble bien que c’étaient les rares étrangers à être venus nous admirer et cela nous a beaucoup fait plaisir, reprit la rose rouge et blanche. Ton papi s’arrêtait pour prendre chaque fleur en photo et ta mamie était émerveillée. Ton papi disait : cette tradition doit être très vieille pour avoir mis tant d’énergie pour fleurir un village tout entier ! Mais il n’y avait personne pour leur expliquer pourquoi nous étions là sur nos branches de sapin.

– Mais pourquoi êtes-vous là sur vos branches ? demanda Léo.

– Les fleurs sont comme les personnes, il suffit de les mettre dans un endroit agréable pour qu’elles s’épanouissent alors qu’un peu plus loin elles dépérissaient. Il est fou de constater le nombre de fleurs qui ne sont pas à leur place, expliqua la rose rouge.

– Pourquoi avoir fleuri tout le village ainsi ? s’interrogea à haute voix Marius intrigué.

 – Je crois vous l’avoir déjà expliqué mes enfants, reprit la première fleur. C’est la tradition. C’est ainsi tous les cinq ans.

– Il parait que c’est pour remercier la Sainte-Croix d’avoir protégé le village d’une très grave épidémie qui ravageait tout le pays en ces temps-là,  continua la rose rouge et blanche. C’est ainsi depuis près de deux cents ans et la prochaine fois ce sera en 2015. Au mois de septembre exactement si tu veux tout savoir.

 – C’est vraiment une belle tradition, admira Océane.

 – Et savez-vous où sont nos papi et mamie ? demanda Léo qui ne perdait pas de vue l’objectif du groupe.

 – Ils ont fait tout le tour de l’île à pied. Le tour de la plus grande île lacustre d’Europe, cela ne leur faisait pas peur du tout. C’est une merveilleuse et agréable promenade, disaient-ils en découvrant toutes les splendeurs de l’île. »

« Puis, le lendemain, ils sont partis vers le soleil levant. Allez toujours vers le soleil lorsqu’il se lève. Vous les trouverez si vous continuez dans cette direction.

 – Merci beaucoup, chères fleurs plus vraies que de vraies fleurs de nous avoir aidés. Continuons notre route maintenant, conclut Pome. »

Et ils se remirent en route…

Texte de papipolo et illustrations de mamivana
© Sillage de voyage, les contes – 2011


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3 responses

24 12 2011
Jeremy Correia

Belle métaphore que celle du chef d’oeuvre!!!
joyeux noel

24 12 2011
Marius

Encore un conte qui nous émerveille et qui nous fait pétiller de bonheur ! Je suis trés trés trés trés impatient de lire la suite merci a vous et bonne fête

Bisous Je vous aime
Marius

28 12 2011
dany

le conle numéro 2 est très bien il faut continer les dessins ont de belles couleurs bisous à tous les deux

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