Un petit conte pour de joyeuses Pâques

7 04 2012

Voici une nouvelle histoire de nos chers petits héros qui sont maintenant à Chypre en prise avec une bien curieuse ligne.

Cliquez sur l’image ci-dessous pour lire cette nouvelle aventure…

La ligne verte de Chypre

La ligne verte de Chypre

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Chypre, un pays déchiré

19 01 2011

Nous voilà donc à Anamur de retour de Chypre où nous allons attendre un petit peu avant de repartir vers la Syrie et de nouvelles aventures.

Chypre est un pays assez étrange et déroutant. Non pas parce que l’on roule à gauche. En fait, l’on s’y fait assez vite. Il n’y a que le matin au moment de prendre le volant, il faut se dire « ils n’ont probablement pas changé de sens dans la nuit et l’on conduit toujours du mauvais côté ici… ». Et voilà, c’est parti pour toute la journée.

Ce qui donne un sentiment étrange est le fait que cette île est artificiellement coupée en deux. Au Nord, la partie turque et au Sud, la partie grecque qui est un État européen, qui utilise l’euro, qui roule dans des énormes pick-up 4×4 qui rendraient jaloux bien des fermiers texans. On se croirait presque au Texas. Chypre Sud possède un niveau de vie et un PIB voisin de la France et bien supérieur à la Grèce ou même l’Espagne. La côte, quand elle n’est pas protégée, n’est qu’une succession d’hôtels, de villas et autre bétonnage. Parfois, quelques belles plages, falaises, magnifiques parcs et autres panoramas lunaires sont là pour me contredire. Les bananeraies ont trop tendance à être remplacées par de luxueuses villas ou des hôtels, les Chypriotes et autres promoteurs ayants vite compris que le touriste est un fruit bien plus juteux que la banane.

Oui mais voilà, il y a la très fameuse ligne verte. La ligne verte c’est ce no man’s land parcouru seulement par les 30 000 soldats de l’ONU qui y patrouillent jour et nuit. La petite route de bord de mer se termine par un poste militaire avec impossibilité d’aller plus loin. Mais le Chypriote Sud semble ignorer tout cela, il se contente de circuler dans son gros pick-up et le reste lui semble de bien peu d’importance.

La capitale, Nicosie, est bien plus étrange encore, car aussi coupé en deux comme l’était jadis Berlin. Ici, pas de mur, mais des rues en cul-de-sac avec une palissade à rayures bleues de blanches qui rappellent le drapeau grec avec un garde qui vous observe de sa petite lucarne ou dans sa cage. La ligne verte c’est aussi des maisons vidées de ses habitants, la plupart du temps en ruines et barricadées de sacs de sable. Un sentiment étrange vous fait penser à une ville en guerre et assiégée. Mais le plus étrange, c’est que depuis quelques années tout le monde va et vient librement entre Nicosie Nord et Nicosie Sud sans problème par l’unique check-point de la ville. Ici, on parle de réunification. Enfin surtout au Nord, car au Sud les fermiers texans dans leur gros 4×4 n’y semblent pas trop favorable.

On se prend quand même à se demander ce que peuvent bien faire 30 000 soldats de l’ONU et leur famille ici. En fait, on les voit un peu partout que ce soit à Chypre Nord ou Sud, dans leur gros pick-up 4×4 blanc marqué d’en gros UN, faire leur footing le matin puis manger des bananes dans leur beau jogging aux couleurs de leur pays en caressant les chiens de passages, se prendre en photos sur les plages, faire les courses … et accessoirement se balader sur la ligne verte. Je pense que je vais postuler pour un poste ici à l’ONU… !

Donc, rien d’extraordinaire à Chypre Sud que l’on ne connaît déjà, si ce n’est quelques beaux et rares endroits sauvages et quelques villages oubliés où personne ne va jamais, car trop près de la ligne verte. Chypre Sud, c’est un peu partout des villes entières squattées par des Anglais et d’autres villes par des Suédois et autres Norvégiens qui viennent passer l’hiver ici. Pas fous les Grutes, on est bien mieux en short au soleil qu’en caleçons molletonnés sous la neige !

Mais ce serait mentir que dire qu’il n’y a pas grand-chose à Chypre Sud. Il y a tout de même le fameux rocher d’Aphrodite ! C’est ici même que la déesse de l’amour surgit des flots. Ici, lorsque l’on est vraiment amoureux l’on se doit à l’aide de galets de dessiner un cœur ou de laisser un mot d’amour à sa tendre dulcinée.

Mais il suffit de passer la ligne verte pour que tout change. Ici au Nord, du côté turc, tout le monde joue au Backgammon ou aux cartes dans les rues, quelle que soit la classe sociale. Ici, on fait des grillades dans la rue, on parle fort, on apporte le thé, enfin on vit. C’est aussi au Nord que sont concentrés les plus beaux monuments, les plus belles pierres et les plus belles villes historiques de l’ile avec de magnifiques cathédrales transformées en mosquées. C’est déjà un air et des parfums d’Extrême Orient.

Mais au Nord la nature n’est pas en reste. Ici, ça bétonne moins dur qu’au Sud, les tours opérateurs hésitant à déverser des flots de touristes dans un pays qui n’existe pas et pas mal de rivages sont ainsi épargnés. La péninsule de Karpas, vous savez ce long bec en haut à droite qui donne à Chypre sa forme de lampe d’Aladin, est complètement épargné du bétonnage et est extrêmement sauvage à son extrémité avec les fameux ânes sauvages, curieux qui viennent voir ce que vous faites, mais trouillard dès que vous faites le moindre mouvement.

Mais Chypre Nord n’a pas d’existence légale. C’est un état reconnu par aucun pays sauf la Turquie. J’ai quand même sur mon passeport le tampon d’un pays qui n’existe pas. Trop fort ! (Si vous insistez, je vous raconterai le passage en douane pour aller à Chypre Nord. Ubuesque !) Donc encore un pays à découvrir d’urgence, car après la réunification qui viendra nécessairement un jour, les tours opérateurs vont nous saccager ça vite fait bien fait et le Nord risquera fort de ressembler au Sud.

-p-

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